Les attentes des collectivités
Ne plus subir, mais pouvoir anticiper pour agir !
Bien que les collectivités aient engagé des investissements considérables pour améliorer la qualité des eaux littorales, la volonté de renforcement de la protection des usagers traduite dans les nouvelles directives fait à nouveau peser de réelles menaces de conflits d’usages sur cet espace si convoité.
Exposées à ce même risque au milieu des années 90, certaines d’entre elles (secteur de Granville) ont dès cette époque engagé des démarches de reconquête de la qualité de l’eau à différentes échelles territoriales. Les actions menées dans le cadre des opérations contractuelles (contrats d’agglomération et contrat territorial) ont indiscutablement permis d’améliorer la qualité sanitaire des eaux, rendant la pratique des usages compatible sur la quasi-totalité des espaces récréatifs lors de chaque saison estivale.
Aujourd’hui, les principaux foyers de pollution sont résorbés. Les seules dégradations qui sont encore observées, le sont par temps de pluie pour la baie de Granville-Jullouville et lors des marées de vives eaux pour la Côte des Havres.
Ayant conscience de l’impact probable des lessivages sur la qualité des eaux de mer, les collectivités ont tenté à plusieurs reprises de mettre en oeuvre les mesures mises à disposition par les services de l’État parmi lesquelles figure l’interdiction temporaire de baignade.
Si cette disposition est relativement aisée à mettre en œuvre suite à la connaissance de dysfonctionnements sur le système d’assainissement, la pratique a démontré aux collectivités à quel point l’exercice pouvait se complexifier pour l’application notamment, suite à des évènements pluvieux.
Difficile, en effet, d’appliquer une telle mesure :
- Lorsque les seuils de précipitation au delà desquels des impacts sur les usages littoraux sont susceptibles de se produire ne sont pas connus.
- Lorsque la dispersion en mer et la direction prise par les panaches de pollution ne peuvent être appréciées.
- Lorsque les flux de pollution constituent une inconnue supplémentaire à l’équation que les élus sont dans l’obligation de résoudre.
Au final, les collectivités avec les moyens dont elles sont dotées à l’heure actuelle se retrouvent dans l’impossibilité d’agir. Elles ne peuvent que subir les évènements et leur conséquence sur la qualité sanitaire des eaux de mer. Jusqu’à présent, ce n’est qu’à la suite de résultats d’analyses témoignant d’une mauvaise qualité que des interdictions temporaires ont été prises.
Totalement démunies devant de telles situations, et sachant pertinemment qu’un surdimensionnement des ouvrages ne constituent pas une réponse pertinente, mais plutôt une énième solution de substitution contraire à une prise de conscience collective de la nécessité de préserver la qualité de l’eau, les élus ont souhaité s’engager dans un projet leur permettant à terme de ne plus subir, mais de pouvoir anticiper pour agir.
En souhaitant anticiper les risques sanitaires, les élus font état de leur volonté claire et affichée d’évoluer vers la mise en place d’une gestion dite active.